La paix... L'ambiance calme et tamisée du café des philosophes. Les petites alcoves parquées de bois laqué, les fauteuils aux coussins de laine, une température confortable, un peu de lumière nocturne filtrait des vitraux...
Sylvanus s'interrogeait sur sa colère, sur ses motivations, sur ses choix, sur ses relations avec les autres frosties; sur la folie qui le guettait peut-être...
Le pire... c'est qu'il n'était pas ivre, à peine grisé par la vodka qui lui avait brûlé l'oesophage. La mort de Bughunter, les délires de suspiscion vis à vis de Santo Frast et surtout les paroles de Nausicaä avaient mis le feu à la poudrière. Il s'en était pris à ses amis car il savait qu'ils pourraient encaisser, comprendre peut-être.
La réaction de Nausicaä lui avait redonné un peu d'espoir: elle tenait à lui. C'était à cet espoir que tenait toute l'ossature de valeurs de l'homme bon qu'il était encore. Il trouvait chez cette jeune fille exactement ce qu'il avait perdu, sans elle, il s'abandonnerait à cet appel de la nature qui ferait de lui l'animal qu'il reniait.
Il se répétait sans cesse: la culture est la nature de l'homme, comme un mantra, comme une prière mais il ne pouvait ignorer combien le monde serait banal si les hommes rejetaient leur animalité.
Peut-être réapprndrait-il à être cet animal et si quelqu'un l'aidait il saurait guider ses passions vers quelque chose de positif au lieu de s'abandonner à la violence comme ce soir.
Il caressa sa joue, savoura la chaleur encore présente et alla s'assoir sur un sofa avec un livre et une chandelle.
Chuuuutttt intima-t-il à son esprit troublé.